Historique

Enseignante, Yolande Trépanier est d’abord pédagogue volontaire auprès de jeunes délinquants, avant de s’impliquer bénévolement auprès des femmes détenues à la Maison Tanguay dans les années 80. Frappée par les lacunes des services qui sont offerts à celles-ci, y compris le manque de contact avec leur(s) enfant(s), Mme Trépanier fonde en 1985 Continuité-famille auprès des détenues (CFAD).

Continuité-famille auprès des détenues est le premier organisme au Québec (et le seul organisme communautaire au Canada) à réunir en établissement les mères détenues et leurs enfants, grâce notamment à la « roulotte », une maison mobile située jusqu’en 2016 sur le terrain de l’établissement Maison Tanguay.

En 2017, la cinéaste Léa Pool tourne le documentaire « Double peine », consacré aux femmes écopant de peines de prison et à leurs enfants qui doivent alors soit vivre une séparation très difficile, soit les suivre derrière les barreaux. Aux côtés des réalités vécues au Népal, en Bolivie et aux États-Unis, ce documentaire présente celles des femmes québécoises en suivant notamment la coordonnatrice du Programme Mère-Enfant  dans ses démarches pour faciliter le maintien du lien entre une mère incarcérée à Tanguay et ses deux petites filles.

Affiche du film Double Peine de Léa Pool

 

Les objectifs du Programme Mère-enfant sont : permettre aux femmes détenues de maintenir le contact avec leur(s) enfant(s), valoriser les femmes dans leur rôle de mère, les préparer à leur retour dans la collectivité, tant pendant qu’après leur incarcération.

Voilà bientôt 35 ans que notre organisme accompagne des femmes qui sont, en majorité, des mères. À leur contact, nous avons reconnu l’importance cruciale du lien mère-enfant comme facteur de motivation puissant pour les femmes qui s’engagent dans une démarche de réinsertion sociale.

Un organisme pour toutes les femmes judiciarisées

Continuité-famille auprès des détenues poursuit toujours ses objectifs de départ de soutien à la réinsertion sociale et, avec un nombre croissant de programmes et d’activités, nous pouvons les offrir à de plus en plus de femmes judiciarisées, qu’elles aient connu une période de détention ou qu’elles aient eu des démêlés avec la justice, sans détention.

Ainsi, en 1998, notre organisme obtient une contribution du programme fédéral d’action communautaire pour les enfants, PACE, et met sur pied le projet Visites à domicile. Cela nous permet, depuis, de contribuer au développement des enfants et des familles des femmes ayant eu des démêlés avec la justice.

Depuis 2005, Service Correctionnel Canada nous a confié le mandat d’offrir un service de soutien et d’aide aux femmes sous mandat fédéral. Avec ce service, nous apportons notre soutien à des femmes, qu’elles soient mères ou non mères. Le service se déploie à l’Établissement  Joliette, à la maison de transition Thérèse-Casgrain et à notre Centre de jour.